Icaro

Compagnia Finzi Pasca

Icaro a été conçu rapidement et a été répété pendant deux mois. Par la suite, il a sans cesse été peaufiné. C’est un spectacle simple comme l’étaient les histoires que contait ma grand-mère. Elle m’a appris le secret pour faire le gnocchi et la crostata alle mele, précieuses recettes qu’après j’ai systématiquement appliquées dans mes créations théâtrales. Préparer un repas est un prétexte pour rencontrer le monde. Ma grand-mère, qui n’a jamais quitté sa cuisine, a découvert le monde en invitant sa famille à manger.

Je prépare mes spectacles comme des histoires qui doivent être racontées en regardant le public dans les yeux. Dans Icaro, je voulais parler d’espérance en donnant vie à des anti-héros, comme nous le sommes presque tous. Je fais du théâtre pour le plaisir de naufrager, de me perdre un peu; une des choses les plus salutaires de cette vie. On se perd comme on s’échappe. Une fuite intérieure nous révèle ce que nous sommes. La fuite est une stratégie qui permet de creuser encore plus la réalité pour découvrir les secrets que masquent les apparences, pour inventer de nouvelles utopies. Je viens d’une terre de montagnes. Nous, on s’échappe en faisant face à certains risques.

Il y a des montagnes qui t’attendent toute la vie. Elles définissent l’horizon vertical de l’imaginaire d’un enfant avant de se graver dans sa mémoire. Chez moi, il y a des gens qui gravissent leur montagne à chaque année, pour renouveler le rendez-vous avec l’immuable. Changent les gouvernements, naissent des enfants dans le quartier, on perd les premiers amis mais les montagnes, elles, restent là, immuables.

Ce qu’il y a de merveilleux dans ces rencontres avec le non-temps, c’est qu’on se retrouve à chaque fois différent, transformé. Un spectacle est parfois pour un acteur un de ces lieux où il peut fuir en lui-même. Ce sont des histoires qu’il continue à raconter pour s’en retrouver à chaque fois changé. Icaro est une des montagnes que j’escalade depuis quatorze ans.

Je fais du théâtre pour faire pleuvoir dans les yeux des autres; une sorte de massage humide pour l’âme. Je vous raconte mon histoire en français mais je continue à la penser en italien, la langue de mes origines. J’espère réussir à faire pleuvoir dans vos yeux.

Daniele Finzi Pasca

Icaro de et avec Daniele Finzi Pasca
Musique : Maria Bonzanigo
Lumière : Marco Finzi Pasca
Production : Compagnie Finzi Pasca

Cornercard
Grand Hotel Villa Castagnola.
Caffè Chicco d’Oro
Città di Lugano
Cantone Ticino
ProHelvetia
Fidinam
Ernst Göhner Stiftung